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Coton, silicone, cuir : quelle manique pour ne plus se brûler ?

Coton, silicone, cuir : quelle manique pour ne plus se brûler ?

Quand il s’agit de sortir un plat à gratin du four ou de saisir les poignées d’une cocotte brûlante, la manique (ou les gants), veillent sur nos doigts. Qu’il soit en tissu, en silicone ou en cuir, cet accessoire protecteur se décline sous de nombreuses formes avec pour seule mission : éviter que la cuisine ne se transforme en une épreuve du feu.

Nell Giroir

Il y a ce réflexe devenu presque automatique : ouvrir la porte du four, attraper le premier torchon qui traîne et tenter de saisir le plat brûlant. Mauvaise idée. Le tissu glisse, n’englobe pas tous les doigts, la chaleur traverse et l’on repose précipitamment le plat sur le plan de travail… dans le meilleur des cas. La manique est précisément née pour éviter ces accidents du quotidien qui peuvent s’avérer dangereux. Son nom vient du latin manica, qui désignait une manche ou une protection pour le bras. Si sa forme moderne n’est apparue qu’à la fin du XIXᵉ siècle, l’idée de protéger les mains de la chaleur est bien plus ancienne grâce à la « main de fer », sorte de poignée métallique destinée à saisir les chaudrons, ou encore des protections en bois ou en cuir utilisées pour manipuler les fers à repasser.

À chacun sa matière

Si toutes les maniques poursuivent le même objectif, elles ne se valent pas pour autant. Le choix du matériau détermine le degré de protection, le confort d’utilisation et la durabilité. Les modèles en coton, les plus répandus, superposent plusieurs couches de tissu afin de ralentir la progression de la chaleur. Peu coûteux et agréables en main, ils ont néanmoins leurs limites : si l’on s’attarde un peu trop avec un plat fumant entre les doigts, la chaleur finit par traverser l’ustensile et atteindre ces derniers.

Fort heureusement, certains modèles intègrent une couche de polyester qui améliore la résistance thermique. D’autres fibres, comme le lin ou la laine, jouent, elle aussi, la carte de l’isolation. Au cours des dernières décennies, le silicone s’est imposé grâce à son excellente résistance aux fortes températures, jusqu’à 300 °C selon les modèles. Il ne fond pas, ne s’enflamme pas, se nettoie facilement et reste souple. Seul bémol, il offre parfois une prise en main moins précise, notamment lorsqu’il s’agit de manipuler de petits récipients.

Plus exigeant en matière d’entretien, le cuir séduit par sa robustesse, sa durabilité et sa bonne résistance à la chaleur. Mieux vaut toutefois éviter le cuir synthétique, généralement moins performant. Enfin, l’aramide constitue le choix privilégié des cuisiniers téméraires. Très résistant aux déchirures, aux coupures et aux chocs, il supporte des températures allant de 200 à 400 °C selon les fibres utilisées. C’est d’ailleurs ce matériau que l’on retrouve dans les équipements de protection des pompiers.

Tous les doigts à l’abri ?

Oui, mais à condition de choisir la bonne forme. La moufle englobe la main du bout des doigts jusqu’au poignet et permet de manipuler sans crainte les grands plats sortis du four. Certains préfèrent le gant à cinq doigts, qui offre davantage de précision et de liberté dans les mouvements. La manique carrée, souvent associée à la moufle, se glisse facilement dans un tiroir ou s’accroche à côté des torchons, mais elle demande plus de précautions puisque la main reste partiellement exposée.

Enfin, n’invisibilisons pas les pinces. Elles sont certes peu encombrantes, mais se contentent de protéger l’extrémité des doigts. Elles conviennent surtout pour saisir les poignées d’un plat ou une grille. Au fond, quelle que soit la forme que l’on choisit, l’essentiel en cuisine est de pouvoir jouer avec le feu… sans jamais s’y brûler.

Maniques (1)

1. L’écoresponsable. Manique et dessous de plat en laine 100 % locale, fabriquée en Chartreuse. La boutique Destination Chartreuse, 18 €. 
2. La magnétique. Manique 100 % coton avec aimant intégré. Le Creuset, 35 €. 
3. Le tout-terrain. Duo de maniques en aramide et cuir. Petromax, 19,99 €. 
4. La durable. Pince de cuisine en silicone. Lékué, 17,75 €. 
5. Le naturel. Gant en lin brut fabriqué en France. La Grande Épicerie de Paris, 16,50 €. 
6. Le vintage. Duo de maniques en cuir. Skottsberg, 19,99 €. 
7. Les inséparables. Duo manique et gant de cuisine à carreaux, extérieur 100 % coton et garnissage polyester. La Carafe, 14,90 €. 
 
Cet article est extrait du magazine Gault&Millau nᵒ 15. Celui-ci est disponible sur la e-boutique Gault&Millau.
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